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La construction d’un nous, mon expérience au sein d’une tribu contemporaine !

Nous, la tribu contemporaine initiale

J’ai envie de vous raconter l’évolution de notre « nous », celui de notre tribu naissante constituée, pour l’instant, des deux familles à l’initiative du projet. Comment nous nous construisons ensemble ? Comment nous apprenons à nous connaître ? Et surtout comment ce projet est né et peut exister ?
Ce récit est rédigé depuis ce que je vis, depuis ma réalité. Je m’appuie sur « la vie des nous » de l’Université du Nous avec qui j’anime des séminaires et j’accompagne des structures en transformation vers de nouvelles gouvernances sous la casquette hum.
La « vie des nous » se décompose en plusieurs phases. Cette décomposition m’a permis de comprendre un peu plus ce qui se jouait à chaque instant dans notre construction. J’ai envie de vous la partager :

La première phase, le pseudo-nous, notre rencontre :

Nous nous sommes croisé·es lors d’un rassemblement de familles non-sco (dont les enfants ne sont pas scolarisés), pour plus de détails sur notre rencontre, vous pouvez lire l’article de Jade. Quelques semaines plus tard, nous avons passé une journée ensemble pour se rencontrer et voir si nos deux familles allaient devenir voisines. Cette journée est pour moi un bel exemple de pseudo-nous. Chacun·e d’entre nous a mis son masque, ouvert ses capteurs et dégainé son système de protection le plus approprié. À ce moment là, comme c’est souvent le cas, j’ai peu parlé voire pas, j’ai observé… beaucoup! Lorsque j’ai pris la parole, j’ai fait bref et j’ai parlé d’un sujet que je maîtrisais. Et surtout j’étais dans l’écoute et l’observation, avec une sensation lointaine qui me trottait dans la tête genre: « attention périmètre dangereux je ne fais pas d’écart ! »

Pour nos hôtes, j’ai découvert un Greg plutôt bavard avec plein d’anecdotes, et une Jade très joyeuse et pétillante de bonne humeur. Nous nous sommes plus et séduits. L’aventure a commencé ainsi, et pendant les semaines suivantes, nous avons tâtonné. Nous avons appris à nous connaître un peu plus. Nous avons essayé tous et toutes de nous adapter les unes aux autres, pour faire plaisir.

La phase symbiotique, un « nous » très agréable, amoureux :

Un nous papillonant amoureuxTout simplement, nous sommes tombé·es amoureux·ses! Comme si notre famille se dédoublait, c’était la naissance d’une tribu contemporaine. C’est simple tout allait bien, joie, rires, sourires, partages, attentions les un·es pour les autres, tout nous paraissait parfait. En plus, tout était ultra fluide, nous avons trouvé rapidement le terrain de nos rêves. Des personnes nous ont soutenu pour le montage juridique par exemple, mais aussi sur bien d’autres sujets. L’avancée du projet était parsemée de plein de synchronicités…

Et cela pendant quelques mois, les enfants s’adorent, il y avait plein d’amour dans tous les sens !

La phase conflictuelle : incompréhensions, interprétations, tensions…

J’identifie trois vagues pour cette phase, qui est, pour moi, la plus enrichissante… et aussi la plus difficile !
J’ai vu une première vague lorsque les choses n’étaient plus si fluides et nous demandaient des efforts. Il fallait par exemple faire un dossier et aller vendre notre projet face à la Safer. Une première banque ne nous a pas suivi. Des doutes sont arrivés, avec des questions du genre « Est-ce vraiment ce lieu qui nous correspond ? ». Nous commencions à perdre la confiance de trouver les financements manquants. « N’est-ce pas un projet trop ambitieux et trop coûteux? ». L’endettement sur tant d’années entraînait une insécurité financière chez certain·es. Un peu plus caché, implicite, il y avait aussi la question du pouvoir entre nos deux familles. Nous nous cherchions et nous n’osions pas vraiment nous dire ce qui nous « faisait bizarre », ce qui nous chatouillait, nous dérangeait.

un nous orageux, en tensionPuis une deuxième vague est arrivée : la plus chamboulante, qui a fait frémir le projet, la tribu. Un mois avant l’achat, un des quatre membres fondateurs a annoncé qu’il se retirait de ses responsabilités, qu’il se mettait en mode observation. Il a exprimé ses doutes sur sa volonté d’acheter et de se lancer dans cette aventure. Cette fois-ci nous étions en plein dans le conflit, nous n’arrivions même plus à communiquer… Nous sommes passé·es par une médiation et un cercle restauratif puis ça s’est apaisé. Ces temps, où nous avons parlé du conflit, nous ont permis de découvrir ce qui se passait en nous, et même de pouvoir le partager aux autres. Ces réalisations étaient probablement issues de nos blessures d’enfance. Nous avons réussi à mettre le doigt sur certaines. Elles nous ont permis de comprendre et d’accueillir plus facilement nos peurs et de commencer à les transmuter. Nous avons alors pu comprendre la réalité de l’autre et accueillir sa différence.

La troisième vague a eu lieu après l’achat, juste après le nouvel an, passé ensemble. elle était très forte aussi mais moins que la précédente, je n’en dirais pas plus car je ne pense pas que ce soit utile au récit.

Cette phase, aussi fondamentale que les précédentes, nous a permis de commencer à mettre en lumière nos différences de points de vue, de vécus et d’états d’âme. Elle nous a fait grandir d’un grand pas et nous a rapproché tout en considérant nos différences. Elle nous a permis de faire émerger nos spécificités et d’accueillir l’autre dans ses propres réalités.

La phase mature : efficacité et confiance à la clé

Lors de la deuxième vague, nous étions dans un état de flottement, le temps passait, nous avions déjà signé la promesse d’achat. Puis un jour, nous apprenions que la date de signature était fixée dans moins de 3 semaines, sauf qu’il nous manquait encore 210 000€… Branle-bas de combat : la mission impossible commence! Toutes les phases précédentes nous ont permis d’être efficaces dans la tâche, chaque personne et chaque rôle était actif·ve dans ce qu’i·el avait à faire et avait la confiance du reste de l’équipe. Ce que nous pensions prendre 2 à 3 mois s’est réalisé en moins de 3 semaines. Riches des apprentissages de la phase précédente, nous pouvions être plus directs dans nos relations et donc plus efficaces, entouré·es par la confiance.

Depuis, nous avons instauré des temps de régulations, au moins toutes les deux semaines. Ce sont des temps où les conflits et les tensions interpersonnelles ont pleinement leur place et ils existent même pour cela. Nous nous y sentons en sécurité. Ça nous fait un bien fou, et bizarrement, ça nous rapproche ! Et même, de plus en plus, à notre rythme, nous exprimons nos tensions et vivons le conflit hors de ces espaces là.

La vie des nous, quelle aventure !

J’ai la croyance que « la vie des nous » est cyclique. Je pense qu’elle est présente autant dans un groupe que dans un couple, autant dans une famille que dans une tribu. Je pense aussi qu’elle est très présente dans notre propre habitat groupé intérieur.

Dans notre nouvelle tribu, nous grandissons ensemble. Nous soignons petit à petit nos enfants intérieurs et nous tentons de ne pas transmettre nos blessures à « nos » propres enfants. Nous essayons de trouver les ingrédients les plus adaptés à notre réalité pour faire, être et vivre ensemble. Nous tentons de revisiter notre posture de coopération et d’accompagnant·e en continu.

Très bientôt, nous allons accueillir d’autres familles pour partager nos rêves. Ce sera l’occasion de repartir pour un nouveau cycle, une nouvelle configuration, un nouvel « ici et maintenant ». La tribu va s’agrandir, notre nous va être déstabilisée, jusqu’à trouver de nouveaux points d’équilibres. Ce mouvement constant est tel un système vivant qui s’ajuste tout le temps avec les nouveaux paramètres. L’évolution est pour la majorité imprévisible, il s’agit « seulement » d’être vigilant au moment présent.

Voici pour finir la vidéo de l’UdN:

5 réflexions au sujet de « La construction d’un nous, mon expérience au sein d’une tribu contemporaine ! »

  1. Merci pour le partage de ce travail où tu dévoiles votre fonctionnement, et où tu mets en avant l’influence réciproque entre gestion des conflits et authenticité.
    Moi, j’ai plein de doutes et de peurs irrationnelles.J’ai pourtant profondément besoin d’y croire, et enfin ne plus avoir peur d’être vu tel que je suis.
    (Agir ensemble avec enthousiasme, même dans l’adversité prendre soins de soi et des autres, et partager ça avec mes enfants… pour moi c’est oui ! )
    Pour l’heure comme vous, nous sommes confinés, j’espère que nous viendrons vous voir bientôt. Pour vous rejoindre complétement un jour.
    En attendant il nous faut régler les affaires de notre vie de maintenant pour partir l’esprit apaisé.
    Prenez soins de vous, du projet, et que ce temps imposé par les événements vous transcende.
    A bientôt
    Antoine

  2. Le nous que tu décris pour moi ça c’est le couple ! Je travaille avec mon homme et c’est une aventure incroyable En fait ma chance est que mon homme soit le coach le plus talentueux de toute la planète car il a réussit a créer des outils et jeux qui ont fait sauter beaucoup de blocages et peurs chez moi (mon dieu j’en avait un paquet hi hi !) et surtout des outils pour découvrir ce pourquoi je suis née. Le couple, le nous, la tribut appelez ça comme vous voulez, selon moi ça part de sois même. Lorsque j’utilise les outils et que je me mets en phase avec mon aspiration profonde de l’instant, je n’ai plus de frustration et on se retrouve naturellement mon chéri et moi, à vouloir les mêmes choses au même moment sans même chercher à se mettre d’accord ni a négocier quoique ce soit ! C’est fou mais c’est sans arret le cas.
    Bon courage car je sais d’expérience que chaque personne est un monde en soi, et que la meilleure manière de partager avec les autres c’est d’etre nous avec soi-meme.
    Bisous
    Milla

    1. Coucou Milla, Salut Blaise

      Très éclairant ton partage Blaise, merci.
      ça correspond plutôt bien à mon expérience et ressenti du Nous, quelqu’il soit.
      ça me conduit vers toi Milla, pour te remercier aussi de ton partage.
      Est-ce que tu ou vous (ton compagnon et toi) seriez ok pour partager les outils dont tu parles ?

      Comme j’aime le rappeler, sentez-vous libres de répondre ou non, c’est une demande, pas une attente 😉

      A +

      Cyrille
      garciacyrille@protonmail.com
      06 51 26 33 66

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